lundi 7 novembre 2011

Indignes ?

Vendredi, certains de ceux qui se rallient sous le nom d'Indignés à travers l'Europe se sont retrouvés devant la Grande Arche de la Défense à Paris. Le soir, voulant occuper la place au sens propre comme au sens figuré, ils ont commencé à installer des tentes. Les forces de l'ordre sont alors intervenus en leur confisquant tentes, vivres, couvertures, pancartes revendicatrices, mégaphones... Il paraît qu'ils étaient alors - les indignés - environ 700. Aux dires de certains, l'intervention n'a pas été des plus douces.




Le lendemain je suis allé avec des amis voir si le mouvement continuait. Ils n'étaient plus aussi nombreux que la veille à n'en pas douter, et il semblait qu'il ne restait sur la grand' place qu'un certain noyau dur. Cela m'a rappelé mes années d'étudiants à la faculté de lettres Paul Valéry de Montpellier, mais en moins grandiose. En effet, le mouvement des Indignés ne "prend pas" en France. La faute à quoi, peut-être au fait que nous sommes encore trop heureux, que nous avons chacun dans nos petites vies - et je m'inclus dans ce nombre - plus à perdre qu'à gagner à se lever ainsi face à l'absurdité de ce monde tenu par la Finance, ses cerbères et ses sbires.







Vous pouvez le voir sur les clichés, ils étaient tout petit au milieu des tours, dans un coin de ce grand terrain vague que le vent bas en ne levant que les papiers gras des sandwichs vite consommés de ceux qui ne voient le monde que dans l'empressement à amasser des richesses en grande partie factices.En y repensant, c'est cela qui était beau, la petitesse face au gigantisme, mais quoi qu'il en soit la présence.


Et pour mieux souligner cela, un déploiement de force digne de la protection d'un chef de l'Etat autour de quelques personnes assises pacifiquement. Mais ce que l'on protège est bien plus important qu'un quelconque chef d'Etat qui n'est lui aussi qu'une sorte de pion interchangeable. Ce qui était protégé là, c'était l'ordre du monde tel que le conçoivent ceux qui ne l'aiment pas, pour qui demain n'est que le jour d'après et qui ne se soucient pas plus de leur descendance que de la nôtre, car seul le présent compte, et l'avenir proche s'il les enrichit.







Je conçois tout ce qu'il y a de "portes ouvertes" dans mes propos, mais si petit qu'il soit, il y a peut-être un espoir qu'un jour les choses changent, et comme cette jeune fille qui, debout derrière les gendarmes, formait une esperluette avec ses jambes, on pourrait se dire "ET" si...

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